«Les troubles du spectre autistique (TSA) touchent environ 1 % des enfants dans le monde, et leur prévalence mondiale est en constante augmentation. Le fait que les facteurs génétiques contribuent à moins de 50 % des TSA suggère un rôle crucial, bien qu'énigmatique, des facteurs non génétiques dans leur étiologie.
Dans cette étude, nous avons montré que le montélukast (MTK), un antagoniste des récepteurs des cystéinyl-leucotriènes et l'un des médicaments antiasthmatiques les plus fréquemment prescrits, perturbe fortement la signalisation neuronale de l'acide rétinoique (AR) et modifie la plasticité synaptique des neurones primaires du cortex préfrontal (CPF) du rat.
L'exposition prénatale ou postnatale précoce au MTK induit des comportements de type autistique chez les rats sauvages, comportements qui peuvent être significativement atténués par une supplémentation en acide rétinoique tout-trans (atRA). Le MTK modifie la signalisation neuronale de l'AR et l'organisation du cerveau antérieur dans des organoides cérébraux dérivés de cellules souches embryonnaires humaines en antagonisant l'AR dans la signalisation de l'AR. Parallèlement, la modélisation moléculaire suivie d'une validation biochimique a fortement suggéré une interaction physique entre le MTK et les récepteurs de l'acide rétinoique (RAR), notamment le récepteur α de l'acide rétinoique (RARA). De plus, une étude multicentrique menée auprès d'une vaste cohorte chinoise d'enfants atteints de TSA a suggéré que l'administration de MTK durant la petite enfance pourrait effectivement augmenter le risque de TSA. En définitive, nos résultats ont non seulement établi l'utilisation du MTK comme un facteur de risque jusqu'alors méconnu de TSA chez l'humain, mais ont également souligné l'importance cruciale d'une utilisation plus sure des médicaments pour prévenir les TSA»...
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